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La vie parisienne
Sous le Second Empire, le boulevard, c'est le lieu de rencontre du
demi-monde, non pas les déclassés de la
société, mais le monde de la galanterie, celui
des
actrices qui ont besoin de publicité, des " cocottes " en
vogue
et des banquiers qui jouent à la Bourse, des journalistes de
la
presse mondaine qui vivent de " potins " et de chroniques et des
célibataires ou des hommes qui sortent sans leurs femmes.
Les
journalistes font la publicité des " petites femmes " et la
réputation des hommes du monde. Ils créent les "
vedettes
" dont ils exposent les démêlés
amoureux et
financiers qui évoluent au gré des moyens et des
caprices
de ces messieurs ou de ces dames et dont chacun, de la femme du monde
au concierge, est friand à Paris. Une part de rêve
est ainsi offerte à tout ce monde qui se côtoie
à
partir de six heures du soir sur les trottoirs de la rue Le Peletier ou
de la Chaussée-d'Antin. Les danseuses sont attendues
à la
sortie de l'Opéra par les hommes les plus
fortunés, mais
provinciaux et bourgeois apprécient la " féerie "
(pièce à femmes), le drame historique
à mise en
scène et costumes coûteux, et surtout
l'opérette,
dont Offenbach est alors le roi
incontesté. En 1867, la Belle
Hélène approche les trois cents
représentations et la Vie parisienne
et la Grande-Duchesse de Gérolstein
frisent les deux cents. Or le théâtre rapporte
beaucoup : en 1869, Patrie de Victorien
Sardou
assure 100 000 francs de bénéfice, 80 000 francs
à
l'auteur et 70 000 francs à chacun des trois acteurs. Jamais
le
théâtre parisien ne s'est aussi bien
porté.
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