Mon Paris et ses parisiens

par André de Fouquières

es Quartiers de l'Etoile
le quartier Monceau
Pigalle 1900

Paris et ses parisiens

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Par la même raison que l'on ne donne à La Haye que le nom de village, parce que cette ville n'est point murée, on pourrait appeler ainsi Paris, qui n'a point de murailles. C'est le pays de tout le monde : le parisien natif n'y a pas plus de privilèges que le chinois qui viendrait s'y établir : si je disais mon droit de citoyen, je ferais rire jusqu'aux officiers municipaux. Le parisien s'échauffe d'abord avec une espèce de frénésie ; le lendemain il tourne tout en ridicule, parce qu'il ne cherche que l'amusement. Il est tombé depuis près de cent ans dans une espèce d'insouciance sur ses intérêts politiques ; poison moral, qui gâte les cœurs, énerve les entendements, atténue et fait trouver trop fort tout ce qui est énergique : on y a peur de tout ce qui est sublime en tout genre. On se borne au persiflage superficiel des ridicules, et l'on a rendu odieuse la censure utile des vices.